Vis ma vie d'arachnophobe

L'article d'aujourd'hui est un peu spécial, et je m'excuse d'avance de sa longueur. C'est une partie de moi que je dévoile, un peu de ce qui fait celle que je suis que livre et c'est loin d'être aussi facile que je m'y attendais puisque je vous fait part aujourd'hui de ce qu'est mon quotidien d'arachnophobe


D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours eu peur des araignées. Ces bestioles m'ont toujours inspiré un profond dégoût et j'ai toujours fait mon possible pour les éviter. Cependant, au fil du temps, la peur s'est transformée en véritable phobie dont l'intensité ne fait qu'amplifier avec le temps. Commençons donc par distinguer les deux, car la peur et la phobie sont deux choses différentes

La peur est un état émotionnel occasionnel déclenché par un évènement particulier. La phobie, quant à elle, a des répercussions sur la vie quotidienne. Prenons par exemple les gens qui ont peur des chiens, ils deviendront nerveux à la vue d'un chien non attaché ou non muselé. Ceux qui en ont la phobie, en revanche, iront jusqu'à éviter les balades dans un parc de peur d'en croiser un. 

Je dois donc avouer, et désolée pour celles et ceux d'entre vous qui se sentiraient concernés, que j'ai les poils qui se hérissent lorsque je croise une personne qui se dit «arachnophobe» tout en écrasant de la pointe de sa chaussure l'araignée qui se trouve à ses pieds. Non, hurler lorsque vous voyez une araignée dans la douche ne fait pas de vous quelqu'un de phobique, et c'est honnêtement tant mieux. Les gens ont tendance à utiliser le terme à la légère, sans réellement prendre la mesure de ce qu'il signifie. .

Lorsque je dis que je suis arachnophobe, j'en suis sincèrement gênée. J'ai presque honte de l'avouer parce que je suis consciente, au fond, que cette phobie prend tellement de place dans mon quotidien que c'est presque elle qui me définit. Aussi, l'image de ce début d'article n'a aucun rapport avec le thème. Lorsqu'il m'est arrivé de faire des recherches sur l'arachnophobie, avec l'espoir vain de trouver des astuces pour m'en débarrasser, je suis systématiquement tombée sur des articles illustrés par des images montrant ces affreuses bestioles de beaucoup trop près. Est-ce qu'ils se rendent compte de l'absurdité de la chose ? 

Cet article est donc illustré par un paysage écossais, qui a le don de m'apaiser, parce que c'est tout ce dont j'ai besoin lorsque j'aborde un tel sujet. Je suis donc arachnophobe et c'est, malheureusement, une phobie irrationnelle. Entendez par là qu'elle ne suit aucune logique et qu'il est donc très difficile, pour mon entourage comme pour moi, de me raisonner. J'ai peur de l'araignée, de tout ce qui la concerne. Mais je suis incapable de dire si j'ai peur d'être piquée, etc. Inutile donc pour mes proches d'essayer le sempiternel «c'est pas la petite bête qui va manger la grosse» : ça ne fonctionne pas. 

J'ai développé des automatismes, des manies particulièrement étranges dont je ne parle presque jamais. Dans la portière de ma voiture, il y a toujours une bombe insecticide, au cas où. Ainsi qu'une dans le coffre, si jamais la première se trouvait inatteignable. Chez moi, j'en ai une sous l'évier de la cuisine et dans la salle de bain. Quand j'entre dans une pièce, je suis capable au bout de cinq minutes de vous dire tous les endroits où il y aurait une araignée/une toile. Parce qu'inconsciemment, c'est la première chose que je regarde. Je secoue toujours mes vêtements avant de les enfiler et je préfère l'hiver parce que les vêtements chauds me donnent l'impression d'être moins vulnérable

Au quotidien, c'est véritablement épuisant. Chacun de mes choix est motivé par cette seule question «est-ce que cette activité/cet objet/ce lieu risque de me mettre en contact avec des araignées ?». Je ne pars pas en camping, je ne fais pas d'accrobranche, je rêve de voyage mais refuse de mettre les pieds dans les pays trop exotiques, je redoute les randonnées alors que je vis à la montagne, et j'en passe. 

Je pourrais continuer longtemps, comme ça. Ca me semble presque naturel, à présent, puisque c'est mon lot quotidien. Pourtant je sais que ça paraît fou aux yeux des autres. Je n'en parle jamais, de peur du jugement, de la moquerie. Ce n'est pas quelque chose dont je suis fière. 

J'ai décidé, cependant, qu'il était temps d'y remédier et de guérir de tout ça. Je vais donc essayer, assez rapidement je l'espère, une Thérapie Cognitivo-comportementale, dont on m'a beaucoup vanté l'efficacité. 

Et j'appréhende beaucoup. Parce que j'ai l'impression de ne pas avoir le droit d'y aller, que ma phobie n'est pas légitime, pas importante. J'ai peur de ne pas être prise au sérieux, d'être rejetée. 

C'est sûrement pour ça que j'ai fait cet article aujourd'hui, pour commencer doucement, sous couvert d'anonymat, à me dévoiler. 

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